CPF : se former va coûter encore plus cher en 2026

Rédigé le 15/01/2026

Depuis le 1er janvier, les actifs doivent s’acquitter d’un reste à charge revalorisé pour mobiliser leur Compte Personnel de Formation (CPF), même lorsque leurs droits couvrent l’intégralité de la formation. Une hausse automatique, indexée sur l’inflation, qui s’inscrit dans une réforme plus large du dispositif.

Une augmentation de plus en ce début d’année : la participation forfaitaire obligatoire du Compte personnel de formation (CPF) passe désormais à 103,20 euros. Ainsi, depuis le 1er janvier 2026, les actifs souhaitant mobiliser leur CPF pour monter en compétences, se reconvertir - ou même passer leur permis de conduire - doivent s’acquitter d’un reste à charge légèrement revalorisé. Une hausse certes discrète, mais désormais pérenne, qui s’inscrit dans une logique assumée de responsabilisation des bénéficiaires.

Une participation indexée sur l’inflation

Instaurée par un décret du 29 avril 2024, la participation forfaitaire de 100 euros avait notamment pour objectif de lutter contre les abus de formations intégralement financées par l’Etat. Le principe est simple : introduire un reste à charge minimal, indexé sur l’évolution des prix à la consommation et revalorisé chaque année au 1er janvier. Cette participation est exigée y compris lorsque le solde CPF permet de couvrir l’intégralité du coût pédagogique, rappelant que la formation relève aussi d’un engagement personnel.

Concrètement, au fil du temps, le montant est passé de 100 euros en 2024 à 102,23 euros en 2025, avant d’atteindre 103,20 euros en 2026. Sur la plateforme Mon Compte Formation, la somme est automatiquement ajoutée au moment de l’inscription et réglée par carte bancaire, même si le compte dispose de droits suffisants. La gestion du dispositif reste assurée par la Caisse des Dépôts.

Un choix budgétaire assumé par l’État

Initialement, le gouvernement avait envisagé un reste à charge proportionnel, correspondant à 10 % du coût de la formation. Cette option a finalement été abandonnée au profit d’un ticket modérateur forfaitaire, fixé à 100 euros par formation, jugé plus lisible et moins pénalisant pour les parcours longs ou coûteux. L’exécutif estimait alors que cette mesure pourrait permettre de réaliser jusqu’à 200 millions d’euros d’économies par an.

Qui échappe à ce reste à charge ?

Cette hausse ne concerne toutefois pas tout le monde. Plusieurs catégories de bénéficiaires sont exonérées de la participation forfaitaire. C’est notamment le cas :

  • des demandeurs d’emploi inscrits à France Travail ;
  • des salariés dont la formation bénéficie d’un abondement de l’employeur, d’un OPCO ou de la branche professionnelle ;
  • des titulaires du Compte professionnel de prévention (C2P) ;
  • des personnes bénéficiant d’un abondement lié à une incapacité permanente d’au moins 10 %, consécutive à un accident du travail ou une maladie professionnelle.

À noter enfin que le CPF ne couvre que les frais pédagogiques. Les dépenses annexes, comme le transport, l’hébergement ou les repas, restent intégralement à la charge du bénéficiaire, un élément à anticiper dans le budget global d’un projet de formation.

Source Capital