Le constructeur Stellantis avait introduit le télétravail dès 2014, bien avant la crise du Covid. Aujourd'hui, l'entreprise fait machine arrière et demande "à terme" à ses salariés de revenir au bureau tous les jours.
Stellantis fait demi-tour. L'entreprise faisait pourtant figure de pionnière sur le télétravail en France. Bien avant le Covid, en 2014, PSA (devenue Stellantis en 2021) avait introduit le travail à distance pour ses salariés du tertiaire. Mais cette page de l'histoire du constructeur automobile est définitivement tournée.
La direction de Stellantis a annoncé qu'elle visait, à terme, un retour au 100% présentiel. En avril 2025, le vent avait déjà commencé à tourner pour les salariés du groupe qui télétravaillent. La direction avait fait savoir qu'elle voulait un retour sur site trois jours par semaine minimum, alors qu'environ 4.000 salariés ne se rendaient au bureau qu'une semaine par mois ou un jour par semaine.
"Établir des liens plus forts"
"Stellantis définit actuellement un projet pour les employés européens afin de passer progressivement à un modèle de travail sur site au cours des prochains mois, dans le but de passer finalement à un calendrier entièrement sur site", explique le constructeur à BFM Business.
"Cette approche aidera à renforcer l’alignement, le travail d’équipe et l’engagement pratique avec les véhicules et technologies de Stellantis. Ce projet confirme que rassembler des équipes pour établir des liens plus forts est une priorité compétitive", ajoute l'entreprise, qui met en avant "la collaboration et la connexion en personne".
Sauf que cette annonce est un coup de massue pour un certain nombre de salariés. "Le climat est très anxiogène. Les salariés viennent nous voir, ils nous posent beaucoup de questions", confirme Laurent Oechsel, délégué syndical CFE-CGC.
"Certains sont partis s'installer à Toulon ou habitent dans la Vallée de la Bièvre... Pour ceux-là, revenir en presentiel va être très compliqué, c'est pour ça qu'on demande des ajustements au cas par cas", explique-t-il à BFM Business.
"Ceux qui habitent loin, ceux qui sont aidants..."
"Légalement, l'entreprise peut décider du retour au présentiel, c'est le code du Travail. Donc nous, on en prend acte, par contre on va essayer de négocier pour amoindrir le mal et faire en sorte d'avoir plus de tolérance en fonction des différents cas de figure, comme ceux qui habitent loin, ceux qui sont aidants etc.", précise le représentant syndical.
"Mais évidemment, il faut que ces règles soient écrites et formalisées, c'est un processus délicat."
Laurent Oechsel s'interroge aussi sur les capacités des bureaux pour accueillir tout le monde. La direction de Stellantis précise que "la transition se fera de manière progressive, en tenant compte de nos spécificités contractuelles et légales, ainsi que de nos capacités d’accueil de chaque site".
Depuis 11 avril 2025, le constructeur automobile avait demandé aux salariés de revenir en présentiel 3 jours par semaine "au fur et à mesure de leur capacité à le faire". C'est déjà le cas pour les salariés du site de Belchamp depuis le 1er janvier. En revanche, ceux du campus de Poissy attendent encore l'ouverture de surfaces nouvelles dans les prochaines semaines pour être présents trois jours par semaine, toujours selon l'entreprise. Un retour au 100% présentiel pourrait donc prendre du temps.
Source BFM Business