Malgré les difficultés croissantes rencontrées par les jeunes diplômés sur le marché du travail, la validation du diplôme permet encore d'obtenir un salaire légèrement supérieur et offre un meilleur accès aux postes de cadres, révèle une étude de l'Insee publiée ce mercredi.
A l'heure où le chômage des jeunes atteint des sommets - 21,5 % des actifs de 15 à 24 ans sont à la recherche d'un emploi, selon l'Insee - et où l'obtention d'un master ne garantit plus nécessairement une entrée plus facile sur le marché du travail, quelle valeur a encore le diplôme ?
L'Insee s'est interrogé sur le sujet en analysant les parcours de vie de près de 35.000 jeunes entrés en classe de sixième en 2007 et âgés de 26 ou 27 ans au moment de l'enquête, en 2023. La grande majorité d'entre eux (91 %) a poursuivi ses études au moins jusqu'au baccalauréat. Dans le détail, un tiers (35 %) est allé jusqu'au master, ou en école de commerce et d'ingénieur, 17 % jusqu'en licence, 14 % jusqu'au Bac +2, 17 % jusqu'au baccalauréat professionnel, 10 % en CAP et 8 % en baccalauréat général ou technologique.
L'institut de statistique s'est intéressé particulièrement aux jeunes qui ont atteint la dernière année de la formation qu'ils avaient visée. Parmi eux - qui ne représentent que 66 % de l'effectif étudié au départ -, 81 % ont obtenu leurs diplômes tandis que 19 % ont échoué aux examens. Quelle conséquence l'obtention ou non du diplôme a-t-elle eue sur la suite de leurs parcours professionnels ?
Effet « non significatif » sur certains diplômes
Tous diplômes confondus, à l'âge de 26-27 ans les jeunes qui ont obtenu leurs diplômes sont en emploi à 88 %, contre 82 % de ceux qui ont échoué lors de la dernière année. Les auteurs de l'étude pointent toutefois que « des facteurs comme l'origine sociale, le sexe ou la réussite scolaire passée peuvent également jouer en matière de taux d'emploi ». Ils estiment donc qu'en neutralisant les différences de profils, le fait d'obtenir ou non son diplôme a eu une incidence de 2 points, au lieu de 6 initialement, sur l'insertion professionnelle des répondants.
Les effets sont aussi très variables en fonction du diplôme visé. Il est significatif sur les diplômés d'école de commerce et d'ingénieur - ils ont 6 % de chances de plus d'être en emploi que leurs camarades ayant abandonné en dernière année - et pour les titulaires d'un baccalauréat professionnel - en emploi à 87 % contre 74 % de ceux ayant échoué aux examens. Mais l'effet du diplôme sur l'insertion professionnelle est jugé « non significatif » parce que trop faible pour les élèves de master, licence, bac + 2, CAP ou bac général et technologique. Autrement dit, ceux n'ayant pas validé le diplôme en dernière année se sont insérés professionnellement de manière quasi équivalente à celle des diplômés.
Accès plus important aux emplois de cadres
Niveau salaire, les diplômés bénéficient d'un gain de 3 % par rapport à ceux ayant abandonné lors de la dernière année. Ces différences de rémunération sont plus fortes pour les titulaires d'un bac professionnel, où les jeunes ayant obtenu leur diplôme sont payés en moyenne 1.700 euros net mensuels, contre 1.590 euros pour ceux ayant échoué aux examens, soit un écart de 6 %.
Même schéma pour les diplômés d'un master, rémunérés en moyenne 2.240 euros net contre 2.130 pour ceux ayant abandonné en dernière année, soit un écart de 4 %. En revanche, les titulaires du baccalauréat général et technologique sont moins bien rémunérés (1.670 euros net par mois) que les répondants ne l'ayant pas obtenu (1.810 euros net).
La validation du diplôme augmente également les chances d'accéder à un emploi de cadre ou à une profession intermédiaire. Ainsi, 61 % des jeunes diplômés de 26 et 27 ans interrogés par l'enquête occupaient ce type d'emploi, contre 39 % de ceux ayant abandonné lors de la dernière année de leur formation.
Source Les Echos - Sarah Dumeau