Au 1er septembre 2026, plusieurs évolutions concernant les retraites sont entrées en vigueur. D’autres sont actées pour les mois qui viennent. En parallèle, les discussions sur le budget de l’Etat et de la Sécurité sociale ainsi que sur le système de retraite complémentaire Agirc-Arrco risquent aussi d’avoir des conséquences financières sur les retraités.
- Un calcul un peu plus favorable pour les assurés avec des enfants
- Des durcissements à venir pour les retraités ?
C’était l’un des engagements du gouvernement Lecornu lors des discussions sur le budget de l’Etat pour 2026, qui lui avait notamment permis d’échapper à la censure parlementaire. Depuis le 1er septembre, certaines dispositions de la controversée réforme des retraites sont suspendues pour certaines classes d’âge.
Concrètement, cela concerne les personnes nées entre 1964 et 1968, comme nous le détaillons dans cet article. Les personnes nées en 1964 et 1965 ont désormais besoin de cotiser un trimestre de moins (et même deux pour celles nées au premier trimestre 1965) pour ouvrir leurs droits à la retraite : 170 pour les personnes nées en 1964 et au premier trimestre 1965, 171 pour celles nées aux trois derniers trimestres de 1965 (contre auparavant 171 pour les personnes nées en 1964 et 172 ensuite). L’âge légal de départ à la retraite est également abaissé d’un trimestre (et toujours deux pour les personnes nées au premier trimestre 1965). Il s’établit désormais à :
- 62 ans et 9 mois pour les personnes nées en 1964 (contre 63 ans avant la suspension) et au premier trimestre 1965 (contre 63 ans et 3 mois avant la suspension) ;
- 63 ans pour les personnes nées plus tard en 1965 (contre 63 ans et 3 mois auparavant) ;
- 63 ans et 3 mois pour les personnes nées en 1966 ;
- 63 ans et 6 mois pour les personnes nées en 1967 ;
- 63 ans et 9 mois pour les personnes nées en 1968.
Les personnes nées durant ces années et ayant connu une carrière longue sont également concernées. Le détail du calcul les concernant est disponible dans cet article.
Un calcul un peu plus favorable pour les assurés avec des enfants
Par ailleurs, deux décrets parus au Journal Officiel le 31 juillet dernier (les décrets n°2026-699 et 2026-700) modifient les règles de calcul de la pension de retraite, afin de mieux prendre en compte les enfants, en application de l’article 104 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. L’objectif est de réduire les inégalités entre femmes et hommes. Ainsi, les assurés partant en retraite et bénéficiant de bonifications au titre d’enfants voient le nombre d’années réduites pour calculer le salaire moyen, le revenu moyen ou le nombre moyen de points annuels. De façon générale, ce sont les 25 meilleures années qui sont prises en compte dans ces calculs, mais une bonification au titre d’un enfant permet de n’effectuer les calculs que sur les 24 meilleures années, et une bonification au titre de deux ou trois enfants permet de n’effectuer les calculs que sur les 23 meilleures années.
Les femmes ayant accouché à partir de 2004 bénéficient également d’un trimestre de bonification si leur accouchement a eu lieu après leur recrutement dans la fonction publique ou en tant qu’ouvrières des établissements industriels de l’État. De plus, les majorations de durée d’assurance et bonifications qui sont attribuées au titre des enfants sont désormais intégrées dans les périodes réputées cotisées, lesquelles servent de base au calcul des carrières longues.
Des durcissements à venir pour les retraités ?
Pour rappel, le cumul emploi – retraite va devenir moins attractif. Cela concerne les personnes partant en retraite à compter du 1er janvier 2027. Dans la mesure où il s’écoule plusieurs mois entre les démarches pour liquider sa pension de retraite et l’obtention de sa pension, les actifs pour qui l’âge légal de départ à la retraite survient avant la fin de l’année et qui souhaitent bénéficier d’un cumul emploi-retraite ont intérêt à faire les démarches rapidement afin d’être effectivement à la retraite au plus tard le 31 décembre de cette année.
Par ailleurs, les pistes d’économie du budget de l’Etat et de la Sécurité sociale commencent à se dessiner. Le gouvernement a annoncé chercher trente milliards d’euros d’économie, dont six milliards d’euros sur les retraités, a précisé le ministre des Comptes publics David Amiel sur Sud Radio le 11 septembre.
Pour cela, trois scénarios sont envisagés. Le premier consiste à supprimer l'abattement fiscal pour frais professionnels de 10% dont bénéficient les retraités. Sa suppression avait déjà été envisagée en 2025 avant d’être supprimée en commission à l’Assemblée Nationale. Elle aurait essentiellement un impact sur les retraités les plus aisés. Le second scénario est un gel des pensions, qui ne seraient donc pas du tout augmentées. Cela affecterait plus durement les retraités modestes. Le troisième est un mix des deux premiers : une indexation partielle des retraites, où probablement seules les plus petites retraites bénéficieraient d’une indexation sur l’inflation et donc d’une hausse. Cela s’accompagnerait d’une forte réduction de l’abattement fiscal, mais pas de sa suppression totale.
Enfin, l’évolution des retraites complémentaires aura aussi un impact sur le pouvoir d’achat des retraités. Après un gel l’an dernier, les partenaires sociaux sont actuellement en discussion sur leur éventuelle augmentation. Cette évolution a lieu chaque année au 1er novembre. Selon Les Echos, le débat devrait être tranché le 14 octobre, et la revalorisation pourrait être comprise entre 1,2 et 2%, au terme de négociations qui s’annoncent tendues.
Source Cadremploi