Les salaires ont enfin rattrapé l'inflation cumulée depuis 2020, selon une étude du cabinet Alixio. Pour l'année 2026, les entreprises ont augmenté leurs salariés de 1,9% en moyenne et elles prévoient des hausses de 2,3% pour 2027, alors que l'inflation repart.
Les salariés vont-ils gagner ou perdre en pouvoir d'achat l'an prochain ? Selon l'étude annuelle du cabinet RH Alixio, les entreprises prévoient des augmentations de 2,3% en 2027, alors que l'inflation pourrait frôler les 3% fin 2026. Attention toutefois, il s'agit uniquement d'intentions, pas d'augmentations effectivement accordées. Et généralement, il existe un différentiel entre les paroles et les actes : ainsi en 2026, les employeurs prévoyaient des hausses de salaires de 2,1%, mais finalement elles se sont élevées à 1,9%. Cette année, bien plus que l'an dernier, les entreprises prévoient des augmentations individuelles (50% contre seulement 20% en 2026), plutôt que collectives.
"La politique salariale se déplace d’une logique collective vers des mesures individuelles", explique le cabinet Alixio.
La remontée de l'inflation en 2026, à 2,4% en août selon l'Insee, devrait toutefois être un argument pour les syndicats pour demander des hausses collectives pendant les NAO (négociations annuelles obligatoires). La hausse des prix devrait même atteindre 2,9% sur toute l'année 2026, toujours selon les prévisions de l'institut statistique.
Le rattrapage de l'inflation depuis 2020
Par ailleurs, selon les calculs d'Alixio, les salariés se sont enfin remis financièrement du choc inflationniste de 2022/2023. Ainsi, en cumulé, les évolutions de salaire depuis 2020 ont rejoint ou dépassé l'inflation. "Le cycle de rattrapage du pouvoir d’achat semble arriver à maturité et particulièrement sur les bas salaires, note le cabinet. À noter toutefois que les salariés rémunérés au-dessus des minima peuvent avoir connu des trajectoires différentes en matière de pouvoir d’achat.
Pour 2027, les employeurs sont plus optimistes et anticipent une inflation modérée, concentrée majoritairement entre 1,5% et 2% (56% des réponses). Ils sont également près d'un sur sept à considérer que la reprise de l'inflation est un phénomène conjoncturel.
Parmi les secteurs qui prévoient les enveloppes les plus élevées, on retrouve les technologies, les énergies, la métallurgie ou encore le transport/tourisme/loisirs. Parmi les salariés qui recevront, le moins, l'étude cite l'industrie et le commerce/distribution.
Les effets de la transparence salariale se voient déjà
Selon le cabinet, la transparence salariale change déjà la donne. Un projet de loi vient d'être présenté en Conseil des ministres pour transposer une directive européenne qui prévoit plus de transparence dans la manière dont l'entreprise décide de sa politique de rémunération.
Ainsi, chaque salarié a le droit de demander à son employeur les niveaux de rémunération moyens des autres salariés dans la catégorie de postes comparables au sien. Les entreprises de plus de 50 salariés devront aussi publier des indicateurs sur les écarts de rémunération entre hommes et femmes pour un "travail égal ou de valeur égale". En cas d'écart injustifié de 5% ou plus entre hommes et femmes, elles devront mener des mesures correctives.
Ce projet de loi n'a cependant pas encore passé les portes du Parlement, pour autant, les entreprises s'y préparent déjà. Selon Alixio, elles ont commencé à s'adapter, les budgets de promotion cadres devraient être multipliés par sept (de 0,13% à 0,88%) et 55% des employeurs prévoient désormais un budget spécifique de rattrapage salarial femmes-hommes, contre 45% l'an dernier.
Source BFM Business