Formations jugées non prioritaires, absence de cofinancement : certains salariés pourraient bientôt payer plus cher pour se former via leur CPF. Le gouvernement prévoit en effet de porter le reste à charge à 350 euros, contre 150 euros actuellement.
Le budget 2027 s'annonce rigoureux pour le ministère du Travail... et pour les travailleurs eux-mêmes. Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une réduction de 2,5 milliards d'euros des moyens alloués à la mission «Travail, emploi et administration des ministères sociaux», plusieurs dispositifs sont dans le viseur de Bercy. Si l'apprentissage devrait être épargné, conformément aux engagements pris par le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, le compte personnel de formation (CPF), lui, n'échappera pas à la cure d'austérité.
Selon un article de Public Sénat, le reste à charge imposé aux salariés pourrait ainsi grimper à 350 euros, contre 150 euros aujourd'hui, lorsque la formation choisie ne figure pas parmi les priorités identifiées par l'État et qu'elle ne bénéficie d'aucun cofinancement. L'entourage de Jean-Pierre Farandou évoque «un contexte économique et budgétaire exigeant» pour justifier cette préconisation. Chaque candidat devra répondre à un questionnaire sur son projet professionnel, le caractère prioritaire de la formation étant défini par une liste de certifications fixée par arrêté. Les demandeurs d'emploi visant une certification prioritaire resteront exonérés, tout comme les salariés bénéficiant d'un cofinancement d'au moins 150 euros.
Le CPF, un dispositif créé en 2015
Le sénateur Emmanuel Capus, rapporteur spécial des crédits de la mission, tempère l'ampleur de la mesure : il rappelle que ses propres travaux n'avaient «pas conclu stricto sensu à une augmentation du ticket modérateur», préférant miser sur des abondements financés par les entreprises. Il souligne qu'une précédente hausse du reste à charge avait fait chuter l'utilisation du dispositif chez les catégories socioprofessionnelles les plus modestes.
Créé en 2015 puis crédité en euros depuis 2019, le compte personnel de formation permet à toute personne active, dès son entrée sur le marché du travail et jusqu'à son départ à la retraite, d'accumuler des droits à la formation utilisables tout au long de sa carrière, dans la limite d'un plafond de 5 000 euros. Attaché à la personne et non à son contrat de travail, il reste acquis en cas de changement d'emploi ou de perte d'activité, et peut financer des formations certifiantes, un bilan de compétences, une VAE ou certains permis de conduire.
Source Capital