Alors que le gouvernement veut mettre le holà sur les arrêts maladie et surtout réaliser plusieurs millions d’euros d’économies, un nouveau rapport met en évidence une nette progression du taux moyen d’absentéisme en entreprise. Plus d’un tiers des salariés est absent au moins une fois dans l’année.
Ce sont des chiffres qui pourraient donner du grain à moudre au gouvernement. Quelques jours après la publication de l’étude de l’observatoire du groupe Apicil sur le taux d’absentéisme, c’est au tour de WTW de publier son baromètre annuel sur les absences et arrêts de travail en entreprise. Dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2027 dévoilé la semaine dernière, le gouvernement a insisté sur la nécessité de faire des économies sur les arrêts maladie : deux milliards d’euros au total.
Pourquoi ? Parce que la durée moyenne des arrêts a augmenté de 30 jours en un peu plus de dix ans et parce que les dépenses d'indemnités journalières ont encore progressé d'environ un milliard d'euros par an. Et ceci se confirme, si l’on se fie aux derniers résultats du baromètre de WTW dévoilés par BFM. En un an, le taux moyen d’absentéisme a progressé de 1,6% pour atteindre 4,95% en 2025, proche du niveau de 2022 après la pandémie de Covid-19.
4% des salariés concentrent 61% de l'absentéisme
Si l'observatoire du groupe Apicil faisait état d’un salarié sur quatre au moins en arrêt l’année passée, WTW chiffre cette absence, au moins une fois dans l’année, à plus d’un tiers des salariés (34%). Mais ce sont surtout les durées d’arrêts qui s’allongent, avec en moyenne 38 jours en 2025. Mais encore plus frappant peut-être, c’est le taux de salariés absents qui cumulent plus de trois mois d’absence. Ils représentent 11% des salariés absents (4% de tous les salariés) et surtout plus de 61% de l'absentéisme total, peut-on lire.
Un chiffre qui ne cesse de progresser, tout comme eux de certaines catégories socio-professionnelles. Ainsi, que ce soit chez les jeunes ou les cadres, les arrêts ne cessent de se multiplier : +10% sur la période 2023-2025 pour les premiers, et +17% pour les seconds sur la même période. Evidemment, il ne s’agit pas des catégories les plus absentes, puisque le taux d’absentéisme a bondi de 36% en 2025 chez les non-cadres par exemple. Idem pour les seniors de plus de 50 ans.
+21% d’arrêts chez les femmes
Les femmes ne sont pas en reste, avec une augmentation des arrêts de 21%, et surtout, selon les chiffres de WTW, près de quatre sur dix ont été absentes au moins une fois en 2025 «avec un pic marqué entre 30 et 40 ans que l'on ne retrouve pas chez leurs homologues masculins». Quelles en sont les causes ? Les maladies (cancers du sein, etc.), les violences sexistes et sexuelles ou encore la souffrance physique. Pour rappel, depuis le 1er septembre, la durée des arrêts «classiques» a été plafonnée à un mois maximum.
Source Capital