Selon la dernière édition de l'enquête NAO de Mercer France, les entreprises font face à un contexte économique incertain et privilégient des augmentations plus ciblées pour réduire certains écarts de salaire.
Après +4% en 2024 et +2,5% en 2025, les enveloppes médianes dédiées aux augmentations de salaires de base dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires) continuent de fondre. Selon la dernière édition de l'enquête* NAO de Mercer France, cette enveloppe ne progresse que de 2% pour 2026 soit un niveau qui sera inférieur à celui de l'inflation annuelle. Pour le cabinet, ce niveau d'augmentation est également le plus bas depuis 2021.
"Dans un contexte économique toujours incertain, les négociations ont été ralenties et le climat social reste tendu, avec 17% de désaccords", peut-on lire.
"En prévision de la directive européenne sur la transparence des rémunérations, les entreprises françaises privilégient des augmentations plus ciblées pour réduire certains écarts de salaire, afin de répondre aux exigences réglementaires tout en renforçant l'équité interne", note Sophie de Heer, responsable rémunération chez Mercer France.
Les augmentations individuelles sont en effet les plus nombreuses, selon l'enquête. En médiane, 66% des salariés en bénéficient, et elles sont principalement attribuées au mérite, en particulier pour les populations cadres. Pour autant, "leur niveau reste toutefois plus faible que sur les trois dernières années, avec une médiane de 1,80% en 2025 et une médiane en légère baisse en 2026".
À l’inverse, les augmentations générales concernent essentiellement les populations non-cadres, en lien avec le retour de l'inflation à des niveaux plus maîtrisés. "Leur niveau médian reste faible, entre 0,35% et 0,38%", peut-on lire.
+2,5% pour 2027
Pour autant, Mercer souligne que l'augmentation du salaire de base n'est pas le seul levier actionné pendant les NAO. "Les entreprises mettent aussi en avant des mesures plus variées, et parmi eux l’augmentation de la contribution des titres restaurants, la revue de l’accord d’intéressement et/ou des bonus exceptionnels. Les initiatives autour de l’équité salariale sont également la priorité des entreprises". Le télétravail reste bien ancré, la grande majorité des entreprises offrent deux jours de télétravail par semaine à leurs salariés accompagnés d’une prime de 200 euros par an.
Pour 2027, "les prochaines négociations pourraient de nouveau s’annoncer difficiles, dans un contexte de contraintes économiques persistantes pour les entreprises". Selon les estimations de Mercer, les enveloppes pourraient néanmoins repartir à la hausse avec une médiane à +2,5%.
*: Enquête réalisée entre octobre 2025 et mars 2026 auprès d'un panel de 277 entreprises implantées en France (DRH et de Responsables Rémunération & Avantages Sociaux), dont 45% sont des sociétés cotées, par le biais d'un questionnaire en ligne et d'entretiens individuels. Cette édition est construite sur la base des retours d'entreprises appartenant à une large gamme d’industries, domiciliées sur le territoire français, de tailles et de secteurs d’activité divers, mais aussi sur des fonctions de périmètres variés : mono-site, multi-sites, etc.
Source BFM Business

