La douce oisiveté de l'été s'éclipse pour laisser place au blues de septembre. Synonyme d'anxiété, le retour au bureau peut toutefois s'envisager sereinement.
Les vacances sont terminées. Après quelques semaines de repos, vous devriez avoir rechargé les batteries et retrouver le chemin du travail avec une énergie nouvelle. Pourtant, à peine la rentrée amorcée, la motivation s’effrite, la fatigue revient et le moral flanche. Ce sentiment de déprime qui accompagne le retour au travail porte un nom : le « blues de septembre ». Loin d’être anodin, ce malaise peut se manifester par une baisse d’énergie, un manque d’entrain ou une difficulté à renouer avec le rythme professionnel. Mais faut-il pour autant subir cette période comme une fatalité ? Considérer la rentrée comme une épreuve insurmontable risque au contraire d’alimenter une prophétie autoréalisatrice. Selon les conseils de la coach professionnelle Sihem Aubertin, « il est bon de regarder le mois de septembre sous un nouvel angle grâce à des pensées positives et vivifiantes ». Et si ce retour de vacances difficile était aussi l’occasion d’écouter ce que notre malaise cherche à nous dire ? Plutôt que de lutter contre lui, il peut devenir le point de départ d’un changement : revoir ses priorités, retrouver de la motivation ou repenser son rapport au travail. Angélica Barrero-Guinand, psychologue clinicienne chez ifeel, plateforme spécialisée dans la santé mentale des employés, nous livre les clés pour comprendre ce « blues de septembre » et aborder la rentrée professionnelle plus sereinement.
1. Identifier les signaux faibles
Tristesse, manque de motivation, baisse d’énergie voire état apathique… Ces symptômes sont les plus significatifs de ce « blues de septembre ». S’il est naturel d’éprouver certains de ces sentiments, les voir s’installer durablement relève d’un mal plus profond qu’il faut pouvoir affronter, maîtriser et, si possible, transformer en énergie positive.
« Si l’on veut entamer sur de bonnes bases cette nouvelle rentrée, mieux vaut écouter son malaise que le nier et le mettre sous le tapis », explique Angélica Barrero-Guinand.
2. Transformer l’insatisfaction en motivation
Souvent, à la rentrée, nous avons tendance à broyer du noir. Pour détourner nos pensées négatives et mettre l’accent sur les aspects positifs, aussi petits soient-ils, misons sur l'empathie et les contacts humains.
Par exemple, la thérapeute conseille de se concentrer sur les retrouvailles avec des collègues estimés, sur les tâches appréciées dans le cadre de ses missions ou encore sur les défis à relever au cours des prochains mois.
Mais attention, l’idée n’est pas non plus d’occulter les problèmes et de s’accommoder d’une situation profondément déplaisante. L'objectif réside plutôt dans le fait de se focaliser sur de petites touches positives sans perdre de vue nos projets de vie. Si un changement s’impose, il faut le mettre en œuvre justement, profiter de la rentrée pour « se mettre en mouvement ».
3. Se mettre en mouvement
Pour transformer une insatisfaction en motivation, quelques conseils pratiques peuvent être utiles, selon la psychologue :
- Se fixer des objectifs réalisables à court et moyen terme ;
- Lister les choses à accomplir et définir les moyens d’y arriver ;
- Organiser une routine dans laquelle on se sent à l’aise ;
- Commencer quelque chose de nouveau, une activité que l’on a toujours voulu faire ;
- Reprendre des relations négligées bien qu’enrichissantes ;
- Appliquer la méthode S.M.A.R.T.
Pour rappel, la méthode SMART permet de se fixer des objectifs atteignables et ainsi déterminer ses priorités. Créée par George T. Doran, cette technique, largement utilisée en coaching et management, consiste à déterminer ses objectifs et les prioriser pour mieux s'organiser. Il s'agit d'un exercice prometteur pour veiller sur son énergie et sortir la tête de l'eau.
Pour l'appliquer, il faudrait donc respecter ces principes :
- S comme spécifique, autrement dit simple ;
- M comme mesurable, pour être en mesure d’évaluer notre progression ;
- A comme atteignable, pour rester motivé, autant miser sur un objectif à notre portée ;
- R comme réaliste : est-il concret et pertinent ?
- T comme temporel, en décidant d’une échéance pour venir à bout de ce projet.
Dresser une liste de tâches à réaliser par ordre d'importance est essentiel pour gagner en productivité et cesser de s'engager sur tous les fronts. Car parfois, fixer ses limites permet non seulement d'alléger son planning mais aussi d'ouvrir le champ des possibles !
Source Psychologies - Cécilia Ouibrahim

