Dans un monde dominé par l’intelligence artificielle, les cadres doivent affûter leurs armes, en l’occurrence élargir leur panel de compétences, pour rester à la page.
1. La pensée critique
C’est l’une des « compétences du futur » identifiées par l’étude du « World Economic Forum ». « À l’heure où de plus en plus de tâches sont confiées aux intelligences artificielles, faire preuve de recul vis-à-vis d’elles est clé », confirme Carolina Gracia Moreno, spécialiste du sujet au sein de l’organisme de formation Cegos. La pensée critique, c’est la capacité à analyser des informations de manière raisonnée. Elle suppose d’évaluer les sources d’information et les résultats de recherche proposés par les IA. Bien affûtée, cette pensée critique évite de faire aveuglément confiance aux technologies.
2. L'éthique
Intégrer des pratiques éthiques dans la gestion des projets IA devient capital. Ces prochains mois, les cadres auront tout intérêt à comprendre les principes fondamentaux de l’éthique, notamment ceux relatifs à la transparence de l’information, la protection de la vie privée et celle des données personnelles, au cadre juridique du RGPD… « Aujourd’hui, les cadres ont tendance à tout partager à ChatGPT, sans connaître les risques que ça suppose en matière de partage de données sensibles. Demain, ils devront utiliser l’IA de manière plus responsable », illustre Carolina Gracia Moreno.
3. L'agilité d'apprentissage
On l’a vu avec les outils d’IA générative comme ChatGPT : ils évoluent à grande vitesse. À peine assimilée, une pratique peut s’avérer obsolète quelques semaines plus tard. Dans ce contexte, les cadres qui auront les faveurs des entreprises seront ceux qui sauront apprendre, tout le temps, c’est-à-dire de manière continue. L’agilité dont ils devront faire preuve ne concerne pas uniquement l’apprentissage de nouveaux outils, mais également la capacité à s’adapter aux changements que les IA induisent dans les méthodes de travail, la collaboration, la gestion de projet…
4. La collaboration
On dit souvent de l’IA qu’elle « augmente » la collaboration entre les équipes, dans le sens où elle la rend plus efficace. Pour y parvenir, les cadres managers doivent par exemple favoriser le partage des connaissances en matière d’IA. « Ils peuvent capitaliser sur les cas d’usage de leurs collaborateurs, documenter leurs propres expériences sur le sujet, partager leurs prompts… », illustre l’experte de Cegos. Bref, construire collectivement une expertise, à l’échelle de l’équipe. L’objectif ? Que l’ensemble des expérimentations en matière d’IA serve la productivité de l’équipe.
5. L'expertise
L’IA n’est pas infaillible. Une étude menée par des chercheurs du MIT indique par exemple qu’elle est susceptible de se tromper (on parle alors « d’hallucinations ») de mentir et même de tricher. La généralisation des IA dans le monde de l’entreprise est ainsi une excellente opportunité, pour les cadres, d’asseoir davantage leur expertise. « Lorsqu’on utilise ChatGPT, on ignore sur quel contenu se basent les résultats. Il faut donc être en mesure d’avoir suffisamment d’expertise pour savoir si l’IA est dans le vrai ou non », estime Carolina Gracia Moreno.
Source Cadremploi - Aurélie Tachot

