Perte de sens au travail, manque de reconnaissance, d'autonomie... Et l'épuisement professionnel s'installe. Selon une enquête récente, un métier spécifique serait plus à risque de burn-out.
Dans son étymologie, travail signifie souffrance. Heureusement, la société moderne veut désormais faire rimer travail avec bien-être. Et ça, les entreprises l'ont bien compris. Partout dans le monde, les patrons sont plus soucieux du bonheur de leurs salariés : on parle plus aisément de santé mentale, d'équilibre vie pro/vie perso, d'aménagement d'espaces dédiés au bien-être, au sport, etc. Et pour cause, prendre soin de ses salariés est devenu crucial pour le bien-être de l'entreprise : un collaborateur épanoui est plus productif, c'est scientifiquement prouvé.
La vie professionnelle n'est hélas pas un long fleuve tranquille. Dans certains métiers, l'épuisement professionnel est plus fréquent. Une étude réalisée par Linkedin a voulu chiffrer le risque de burn-out en fonction des professions. Pour ce faire, les experts ont analysé la perception du travail de 16 000 participants aux États-Unis, et les résultats sont alarmants : 40 % des répondants se disent actuellement proches du burn-out. En France, une étude réalisée en 2022 par OpinionWay a montré que 34 % des salariés étaient exposés à ce risque, soit 2,5 millions de personnes.
Chef de projet : le métier où le burn-out fait rage
Quel est le métier le plus épuisant ? Si les secteurs de l'éducation, de la santé et du travail social arrivent en tête du classement, une profession encore plus à risque de burn-out a été pointé par l'étude de Linkedin : il s'agit du métier de chef de projet. Ce dernier serait plus exposé à un environnement de travail stressant, devant jongler entre responsabilités, délais courts et exigences élevées. Ce métier plutôt récent existe dans de nombreux secteurs : informatique, médias, publicité, industrie, événementiel, etc. « Aux États-Unis, quatre travailleurs sur dix déclarent se sentir coincés et épuisés au travail, souligne l’étude. Ce taux est encore plus élevé pour les chefs de projet et ceux qui travaillent dans les secteurs de la santé et des services sociaux. La moitié des travailleurs employés dans ces fonctions déclarent souffrir d’épuisement professionnel, qui est souvent le résultat d’un stress professionnel accablant et insoluble. »
L'épuisement professionnel touche fortement le métier de chef de projet mais aussi les salariés des services de santé, ses services sociaux ou encore du domaine de l'éducation, révèle l'étude. En cause : surcharge de travail, manque de personnel et environnement stressant, des conditions de travail pénibles et omniprésentes dans ces secteurs. De quoi éveiller les consciences : aujourd’hui en France, 6 salariés sur 10 estiment que les entreprises accordent de plus en plus d'importance à leur bien-être mental.
Pourriez-vous faire un burn-out ? Faites le test !
Littéralement, faire un burn-out, c’est « brûler de l’intérieur, se consumer ». Considéré comme le mal professionnel du siècle, il serait caractérisé par la triade : épuisement, cynisme et perte de sens. D'une personne à l'autre, de nombreux symptômes peuvent traduire un burn-out. Parmi eux, l’épuisement, à la fois physique et émotionnel, entraînant une fatigue intense. Des troubles de l'humeur et de l'irritabilité peuvent également survenir, compliquant les rapports avec les collègues, jusqu'à ce que le travail perde progressivement de son sens.
Mais on confond souvent burn-out, fatigue et dépression. Bien qu'ils partagent certains symptômes, ce sont des troubles distincts. Le burn-out est spécifiquement lié au travail, souvent provoqué par un stress chronique et prolongé, tandis que la dépression peut avoir diverses causes, comme des événements traumatiques ou stressants, des déséquilibres chimiques dans le cerveau ou des antécédents familiaux. Le burn-out pourrait ainsi être décrit comme une forme de dépression liée aux conditions de travail, souvent accompagnée d’un déni ou d’un sentiment de culpabilité. « C’est une usure à petit feu qui trouve sa source dans le cadre professionnel, souligne Catherine Vasey, psychologue et auteure de Burn-out : le détecter et le prévenir (Editions Jouvence). Contrairement à ce que l’on pense souvent, la première cause d’un burn-out n’est pas psychologique, mais physiologique. Il est dû à un stress important et répété. Le stress est une réaction du corps, qui lui permet de se mettre en alerte le temps d’un danger. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, l’urgence est devenu un mode de vie. Les gens sont sur le qui-vive 24 heures sur 24. Résultat : leur corps est épuisé. Et cette fatigue de fond va avoir un impact sur leur moral ». Il est essentiel de repérer les signes avant-coureurs du burn-out pour mieux gérer cette période difficile de sa vie professionnelle. En matière de burn-out, mieux vaut donc prévenir que guérir.
Il est aussi important de souligner que l'épuisement professionnel n'est pas le signe d'une faiblesse individuelle, mais plutôt celui d'une défaillance collective, exposée à des facteurs de stress qui ont conduit à la chute d'un de ses membres, considère Adrien Chignard, psychologue du travail et fondateur de Sens et Cohérence. Pendant l'arrêt de la personne en burn-out, des dysfonctionnements dans le travail d'équipe peuvent survenir. L'enjeu est alors double : protéger l'équipe et faciliter le retour au bureau de la personne en burn-out. Et vous, pourriez-vous faire un burn-out ? Pour le savoir, faites le test réalisé avec le Dr François Baumann, auteur de Burn out, quand le travail rend malade (Ed Josette Lyon).
Source Psychologies

