Parce qu’ils subissent beaucoup de pression au quotidien, les managers manquent parfois de délicatesse. Tour d’horizon des phrases qui sabotent l’engagement de leurs équipes, et qu’elles ne devraient jamais avoir à entendre.
1. « C’est ton problème, pas le mien ! »
« L’un des rôles du manager est celui de facilitateur. On attend donc de lui qu’il lève les obstacles », rappelle Bertrand Déroulède, manager de l’offre et de l’expertise Management au sein de l’organisme de formation Cegos. Lorsqu’un membre de son équipe rencontre une difficulté, rétorquer que ce n’est pas de son ressort, c’est mal comprendre ce rôle de facilitateur. La bonne réaction aurait plutôt été de dire : « Dis-moi où tu bloques, nous allons trouver une solution ensemble ». Et même si le « problème » en question n’est pas du ressort du manager, ce dernier peut proposer à son salarié de l’aider à trouver la bonne personne pour le résoudre.
2. « Si tu n’es pas content, la porte est grande ouverte »
Sous-entendu : « Ton avis m’importe peu », voire « Je me sépare de toi quand je veux ». Cette phrase relève du management par la peur, sur lequel certains managers toxiques aiment malheureusement surfer. Évidemment, cette réaction est contre-productive. D’une part, elle rogne l’engagement des salariés au quotidien, d’autre part elle génère une pression constante sur les collaborateurs, ce qui peut être dangereux. Enfin, elle nuit à leur créativité et annihile leur prise d’initiative. « Le problème, c’est qu’en parlant de la sorte à ses équipes, le chef risque d’être imité. Par son comportement, il autorise les autres à mal se parler entre eux », indique Bertrand Déroulède.
3. « C’est pourtant simple, un enfant de six ans pourrait le faire ! »
« Il arrive que les managers tombent dans le piège d’exporter la pression qu’ils accumulent à leurs collaborateurs », constate Bertrand Déroulède. Le plus souvent, c’est alors le stress – qui peut se traduire par de l’agressivité – qui prend le dessus sur le reste. Pourtant, un chef est censé savoir réguler ses émotions. Même lorsqu’il est contrarié par une nouvelle ou qu’il subit une pression hiérarchique, il ne doit donc pas « se décharger » sur son équipe. Cette phrase laisse également entendre qu’il y a un problème de communication dans l’équipe. Un salarié qui se trompe, c’est aussi parce qu’il n’a pas bien compris les attentes. Peut-être parce que ces dernières n’ont pas été assez claires…
4. « Ton travail, c’est ni fait, ni à faire »
Le problème, avec cette phrase, c’est qu’elle n’a rien de constructif. Le collaborateur – qui a visiblement produit un travail perfectible – ne saura donc pas comment rectifier le tir. Par ailleurs, cette phrase exprime une opinion, forcément contestable, et non des faits. « Ce que nous conseillons aux managers, c’est d’opter pour la méthode DESC, qui consiste à Décrire les faits, Exprimer leurs sentiments, faire suggérer la Solution et Conclure positivement », indique-t-il. Par exemple : « J’ai reçu ton rapport hier au lieu d’aujourd’hui. J’ai donc été déçu et contrarié. De quoi as-tu besoin pour combler ce retard ? Nous allons pouvoir le rattraper en te dégageant du temps à ce moment-là. »
5. « Arrête de discuter, fais-le »
« Un manager autocrate à l’excès n’apporte aucune sécurité à la vie de ses équipes », rappelle Bertrand Déroulède. Et cette absence d’empathie peut se retourner contre lui : démotivation des troupes, désengagement, perte de sens, absence d’innovation… Cette phrase conduit également à frustrer le collaborateur par rapport à une idée qu’il aurait pu avoir. Elle entrave la prise d’initiatives et la tentative de changements. L’alternative aurait été d’écouter la proposition du salarié et de parler avec lui des obstacles à surmonter pour la mener à bien. De cette manière, le chef aurait valorisé la prise d’initiative de son collaborateur tout en restant réaliste sur les défis à venir.
Source Cadremploi

