54% des cadres qui ont obtenu une augmentation au premier semestre 2025 s’estiment déçus par son montant, selon le cabinet de recrutement Robert Walters. Près de la moitié se dit prête à partir voir si l’herbe est plus verte ailleurs.
Les hausses de salaire ne sont pas à la hauteur de leurs attentes. Les prévisions d’augmentations pour 2025 étaient en 2024 inférieures à l’année précédente, et elles se sont concrétisées, observe le cabinet de recrutement Robert Walters dans sa dernière étude. Il en ressort que 52% des cadres ont été augmentés durant le premier semestre, un tout petit peu plus que sur la même période en 2025 (49%). Quatre entreprises sur dix reconnaissent par ailleurs avoir décalé les augmentations cette année.
Néanmoins, pour 54% des cadres ayant été augmentés, cette hausse est inférieure aux attentes. C’est neuf points de plus que l’an dernier. 37% la jugent conforme à leurs attentes, et pour 8% des cadres interrogés, elle dépasse même les attentes. 39% des cadres ont d’ailleurs tenté de renégocier leur augmentation à la hausse en début d’année.
Il est vrai que les augmentations restent faibles : 65% ont eu droit à une revalorisation comprise entre 1 et 5%, soit six points de plus qu’en 2024. Seulement 18% ont eu une hausse allant de 6 à 10%, soit six points de moins qu’en 2024. Les femmes sont toujours en moyenne moins augmentée que les hommes, mais l’écart diminue lentement.
« Les organisations restent frileuses vis-à-vis du contexte et cette instabilité ne leur permet pas toujours d’augmenter leurs collaborateurs à la hauteur de leurs attentes, commente dans l’étude Caroline Rachet, directrice générale de Robert Walters en France. Cependant, d’autres dispositifs ont pu être proposés aux cadres pour combler ces augmentations jugées insuffisantes, comme davantage de flexibilité, de congés, ou encore des bonus ».
Les fonctions chez qui il y a eu le plus d’augmentations sont les ressources humaines (80% des cadres ont été augmentés), les métiers juridique – fiscal – conformité (67%) et les fonctions de l’informatique et du numérique (64%). A l’inverse, seules 42% des professions marketing et commerciales ont bénéficié d’une revalorisation, un taux qui tombe à 28% dans les achats et la supply chain, et 25% dans l’ingénierie. Dans ce dernier cas, comme dans la tech et le numérique, 78% des augmentations sont inférieures à 5%. Dans les achats et la supply chain, c’est 84%, en juridique – fiscal – conformité, 81%, 75% dans les ressources humaines.
Des hausses moindres qui pourraient accélérer les départs
Or, ces hausses faibles en regard des attentes des cadres a un impact sur leur volonté de changer d’entreprise. Ainsi, 43% des cadres insatisfaits de leur augmentation envisagent de changer d’emploi. Presque les trois-quarts d’entre eux (70%) veulent le faire d’ici moins d’un an, 15% ont même décidé de changer dans les trois prochains mois. A l’inverse, les cadres dont la hausse a été supérieure aux attentes n’envisagent pas de changer d’emploi dans les six mois, et plus de la moitié d’entre eux n’envisagent même pas de changer dans les deux ans. 38% disent même avoir ralenti voire stoppé leurs recherches.
71% des entreprises interrogées ont connu des départs depuis le début d’année, et 76% se disent confrontées à des difficultés pour remplacer des salariés. Selon elles, les trois principales raisons de départ sont un manque de perspective d’évolution (pour 52%), une absence de promotion ou une trop faible augmentation (pour 32%), et une mésentente avec le management (pour 28%). 31% des entreprises ayant retardé les hausses de salaire ont quant à elles observé un désengagement de leurs salariés.
Pour celles qui ne sont pas en mesure d’accorder des hausses de salaire correspondant aux attentes des cadres, des pistes restent possibles pour garantir une certaine fidélité. « Face à l’insatisfaction des cadres, les entreprises doivent redoubler d’efforts pour offrir des perspectives d’évolution claires, des augmentations significatives et un environnement de travail harmonieux. Dans un marché de l’emploi tendu, il est crucial de retenir les talents en répondant à leurs attentes, notamment en matière de télétravail, afin de maintenir la compétitivité et la stabilité organisationnelle ».
Méthodologie
Etude principale réalisée par Robert Walters durant le premier semestre 2025 auprès de 600 cadres et entreprises en France
Sur le décalage des hausses de salaire et ses conséquences : étude réalisée par Robert Walters sur 500 cadres et entreprises en France en juin 2025
Source Cadremploi

