Trop jeune ? Trop vieux ? Et si l'âge n'était pas un frein pour changer de cap ? Les experts expliquent pourquoi.
Se reconvertir n’est plus une originalité. C’est, en tous cas, ce que conclut une étude menée en mars et avril 2025 par la Fondation The Adecco Group avec l’Ifop, en partenariat avec l’Association nationale des DRH (ANDRH). 84% des actifs considèrent la reconversion comme une étape normale d’un parcours professionnel. Celle-ci est même vue comme un nouveau départ par quatre actifs sur cinq. Pour autant, les sondés ne considèrent pas la reconversion comme une étape facile à franchir. Parmi les freins qu’ils identifient, l’âge est cité en premier. En effet, 29% des actifs se sentent « trop âgés » pour envisager de changer de trajectoire de carrière.
S’il n’y a pas d’âge limite pour changer de carrière, il existe plusieurs périodes où il est moins difficile de le faire. « Nous recevons des jeunes salariés, qui ont entre 20 et 30 ans et qui choisissent, presque sur un coup de tête, de réfléchir à d’autres choix de carrière. Souvent, c’est parce que la promesse n’a pas été tenue avec leurs premiers employeurs. Généralement, ce sont des actifs qui n’ont pas encore d’enfant, qui n’ont pas de crédit sur le dos et qui sont mobiles. Ils ont les mains relativement libres pour se reconvertir voire créer leur propre entreprise. Et s’ils échouent, à cet âge-là, ça ne sera pas dramatique et ils pourront toujours le valoriser en entretien, face à un recruteur », explique Elliot Bernard, coach professionnel au sein du cabinet Calista Conseil, qui accompagne surtout des cadres supérieurs.
La période entre 50 et 55 ans est également un moment propice pour envisager une reconversion, selon cet expert. Pour des raisons similaires : « La prise de risques est limitée à cet âge car le crédit de la maison est généralement payé, les enfants ont pris leur envol et ils ont de l’épargne de côté », confie-t-il. Le projet de reconversion des 50-55 ans est souvent bien préparé. « L’essentiel de leur carrière est derrière eux. Ils se questionnent sur ce qu’ils ont envie de transmettre et ce qui leur plaît vraiment, ce qui donne souvent lieu à d’importants virages de carrière », indique-t-il.
Pour Michaël Chambon, directeur de l’activité « Transitions de carrières » au sein du cabinet LHH, filiale du groupe Adecco, la tranche d’âge 30-45 ans cumule également plusieurs atouts pour réussir une reconversion. « À cet âge, les travailleurs ont déjà de l’expérience et savent exactement ce qu’ils veulent faire et ne plus faire. Par ailleurs, ils ont de l’énergie pour repartir à zéro », estime-t-il.
Selon lui, c’est à partir de 55 ans qu’il y a une bascule. « Le moment charnière pour bon nombre de travailleurs, c’est 50 ans. C’est un âge où l’on anticipe sa troisième partie de carrière, qui devrait être plus longue du fait de la réforme des retraites, actuellement en suspens. À partir de 55 ans, l’enjeu des travailleurs est plutôt de savoir comment ils peuvent se former pour être maintenus dans leur poste », explique-t-il. « Les seniors âgés de plus de 55 ans ont pourtant toutes les armes pour se reconvertir. Leur expérience est leur meilleur atout ! Mais ils sont souvent rattrapés par plusieurs freins, qui les auto-régulent : la crainte du marché de l’emploi, le contexte géopolitique anxiogène… », constate Éric Soubrane, directeur régional IDF pour le CEP.
Source le Figaro Emploi

