Selon une enquête de Hellowork, 66,2% des candidats déclarent ne pas recevoir de réponse des recruteurs en cas de refus. Une situation qui se banalise, en raison notamment de la digitalisation du processus de recrutement.
Le ghosting - qui désigne le fait de ne plus donner de nouvelle pendant le processus de recrutement - se banalise. C'est ce que dénonce l'acteur digital français de l'emploi Hellowork. Selon une enquête dont le communiqué a été consulté par Capital, 66,2 % des candidats disent ne recevoir aucune réponse en cas de refus contre 50 % en 2025, alors que 93 % des recruteurs affirment répondre systématiquement. Un silence qui nourrit la frustration des demandeurs d'emploi, déjà exposés à la difficulté du marché du travail, alors que pour 53% d'entre eux, une réponse explicite, personnalisée ou non, suffirait.
En cours de processus, «44,6 % des recruteurs reconnaissent avoir déjà cessé de répondre». Un phénomène qui concerne également les candidats, puisque 14,8 % d'entre eux affirment avoir déjà abandonné sans prévenir un processus d'embauche. «Cela dépend des postes. C’est plus le cas sur des postes en pénurie pour lesquels les candidats savent que la demande sur le marché est élevée et se sentent en position de force», commentait Audrey Guidez, membre du bureau national de l’ANDRH, dans un article publié sur notre site en mai.
La digitalisation du processus de recrutement
Selon l'Association pour l'emploi des cadres (APEC), «on parle de ghosting lorsque l’entreprise cesse de répondre à un candidat ou à une candidate sans préavis, que ce soit après une candidature, un échange ou un entretien». La banalisation de ce phénomène risque de compromettre la «relation candidat», qui doit reposer sur une communication claire tout au long du processus. L'association souligne plusieurs causes, notamment un «manque de temps, de moyens ou de structuration du processus de recrutement».
Autre point mis en avant par l'APEC : la digitalisation du processus de recrutement. L’automatisation via les ATS (Applicant Tracking Systems) crée une distance entre les recruteurs et les candidats, ce qui engendre une déresponsabilisation de ces derniers. «Il arrive même, dans certains cas, que des réponses automatiques ne soient jamais envoyées à cause d’un dysfonctionnement technique ou d’une erreur de saisie dans les coordonnées de la candidate ou du candidat», souligne l'association.
Pour éviter d'être ghosté, l'APEC recommande donc de contacter ses recruteurs sur Linkedin afin d'être identifié, d'appeler le standard de l’entreprise, de poser des questions sur les étapes à venir lors des entretiens. Et surtout, il ne faut jamais hésiter à relancer.
Source Capital



